Qui sommes-nous romancé?

2 février 2007


« Nous ne pouvons pas dire que nous voulons désacraliser la littérature, puisque pour nous elle n’a jamais été sacrée. Elle est plutôt magique, mystérieuse, libre et changeante. Nous voulons qu’elle s’étende dans tous les recoins sordides comme une plante grimpante aux fleurs parfumées… »

-Guillaume Cloutier, Rachel Sansregret et Maxime Raymond, d’une voix unique, à la conférence inaugurale des Éditions de Ta Mère qui eut lieu au sommet de l’Arc de triomphe à Paris.

Tout commence au collège Lionel-Groulx quand Guillaume et Rachel entrent en même temps dans le programme de littérature, une session avant Maxime, transfuge après avoir été amèrement déçu par le théâtre, une autre délicieuse histoire.

Guillaume et Maxime se connaissaient depuis le secondaire. Guillaume est le premier à avoir commencé à écrire de la poésie; c’est un peu lui qui conduit l’autre à explorer la versification. Conscients qu’il leur fallait une vitrine pour étaler leurs textes plutôt psychédéliques et remplis d’un nombre scabreux de références à des idoles beatniks et hippies, ils prennent connaissance de la revue littéraire de leur Cégep.

Rachel, qui bouillait déjà de plans machiavéliques dans lesquels elle s’imaginait à la tête d’une maison d’édition internationale générant un montant astronomique de revenus provenant de la vente de romans et de recueils de poésie, jouissant ainsi d’une influence si grande que l’Académie Française au complet suait à sa seule présence, était aussi à la recherche de la revue du Cégep pour y faire ses premières armes et son premier renversement de direction.

Guillaume et Maxime, pendant ce temps, ont un peu «pogné» les nerfs devant le look journal intime «lyreux» que la revue avait, et ils décident de se joindre au comité dans l’espoir de prendre le contrôle de cet organe de reproduction textuelle estudiantine.

Très vite, avec autour d’eux une jolie bande d’amateurs de littérature qui voyait grand sans se prendre au sérieux, ils participent à une petite révolution dans le monde de l’édition scolaire. L’image du poète incompris qui pleure sa rage à coups de rimes pauvres fut vite remplacée par une attitude plutôt rock and roll qui, au-delà de contenir un nombre indécent de références sexuelles insérées par l’équipe éditoriale dans la revue, faisait place à une littérature d’expérimentation et d’audace qui a fini par contraindre plusieurs détracteurs de poésie de fermer leur clapet.

Après le Cégep et l’innocence vient l’université. Toujours en littérature, Guillaume et Rachel complétent leurs baccalauréats à l’Université de Montréal. Rachel passe ensuite à la maîtrise après un été d’excès et de remises en question (moment dramatique), alors que Guillaume, excédé, s’enfuit sur un nuage non-scolaire le temps d’une saison (ou plusieurs). Maxime, de son côté, tire encore une fois de la patte, bien ancré dans son bacc. à l’UQAM, en profitant sans trop de zèle des sources infinies du savoir littéraire.

Ta Mère est née de trois désirs : celui de Rachel, qui est de bâtir une maison d’édition soucieuse de laisser parler des nouvelles voix dans le cercle souvent trop fermé de la littérature québécoise; celui de Maxime et Guillaume, qui concerne la publication de leurs travaux sans concessions à faire et sans refus de la part d’éditeurs établis; enfin, le but partagé par les trois acolytes de proposer une vision «dépédantisée» du livre, où le blanc terne et jaunissant des livres oubliés serait remplacé par une explosion de couleurs et de formes, le tout à un prix plus qu’accessible.

Ainsi, grâce à une réunion électrisante tenue il y a plus d’un an déjà, les trois amis décidèrent des tâches gargantuesques que chacun devrait mener à bien, et il en découla cette sulfureuse organisation : Rachel, grâce à son sens inné des affaires et de l’organisation, s’autoproclama (sans opposition) directrice générale de notre petite affaire à but bassement lucratif. Ce faisant, elle devint ainsi ta Grand-Mère (la mère de Ta Mère), et elle jouira également du plus grand bureau. Guillaume, selon l’argument stipulant qu’il avait de bien meilleures notes que les deux autres dans les travaux d’analyse et de critique, devint directeur littéraire, s’appropriant ainsi le marteau du jugement dernier sur les textes à publier. Maxime, avec sa tête en l’air bien dressée dans les nuées de l’imagination, s’appropria la tâche de directeur artistique. Il devra vaquer à la conception de tout ce qui entoure le texte, qu’il s’agisse des images ou des sons.

S’ajoute à cette équipe le talentueux graphiste Benoit Tardif, qui exécute (et améliore) les plus folles idées de design que la grande bête à trois têtes qu’est Ta Mère peut se permettre d’imaginer (il devient donc, du coup, la quatrième tête de ladite grande bête).

Un brin de nostalgie

30 janvier 2007

Dans le but évident de bien lubrifier notre pénétration de l’histoire littéraire, nous déposons ici l’affiche officielle de notre premier lancement (17 septembre 2006) une oeuvre réalisée par le valeureux Benoit Tardif.

Aide donc Ta mère à se propager!

28 janvier 2007

Bonjour à tous.
Dans un souci de confirmer l’aspect familial et reproductif de Ta Mère, on vous invite, chers lecteurs, à participer à notre grande aventure coquine dans le monde de l’édition. Si vous connaissez une petite librairie indépendante où nos livres ne sont pas, devenez une abeille intellectuelle et propagez notre sève alphabétique! (Traduction : faites nous signe pour que nous puissions y mettre nos livres en consigne…)

C’est toujours la même adresse maternelle: info@tamere.org

-Maxime

Et si nous vivions dans une simulation informatique?

26 janvier 2007 1 commentaire

(Voici un article qui n’a pas vraiment de liens avec Ta Mère ou même la littérature. Je l’ai écrit pour le plaisir et j’avais envie qu’il soit quelque part. Par paresse, je le publie sur le blog… Si ça vous intéresse, le concept dans l’article est utilisé dans mon projet littéraire actuel. Mais ça, c’est une autre histoire… Maxime)

Et si nous vivions dans une simulation informatique?

Que ce soit dans La Matrice, dans Existenz, dans des textes de Jean Baudrillard ou dans la caverne de Platon, l’idée de la facticité de ce que nous appelons réalité m’a toujours grandement fasciné. Peut-être est-ce à cause d’un sentiment d’absurdité qui se dégage de la vie quotidienne ou d’un intérêt bien de mon temps envers les réalités virtuelles, je ne sais pas. Questionner ma place dans l’univers débouche toujours sur la question de ce qui le compose.

Avant, je pouvais simplement rêver, fantasmer sur l’idée que notre univers est une invention, que nous sommes dans un système créé de toutes pièces. Aller plus loin sur la question, sur les implications de ce principe n’était que de la fabulation. Mais plus maintenant. Nous avons traversé la porte et dépassé le point A. Il y a de fortes chances que nous vivions bel et bien dans une simulation informatique.

Ça, ce n’est pas moi qui le dis. Je fais simplement adhérer à une théorie intitulée the simulation argument, déposée il y a trois déjà par Nick Bostrom, directeur de l’institue sur le futur de l’humanité de l’université d’Oxford. Sa théorie est assez simple : assumons tout d’abord qu’il sera un jour possible de simuler le cerveau humain sur un ordinateur. Cette idée est facilement envisageable : les travaux sur l’intelligence artificielle avancent à une vitesse exponentielle. On est déjà capable d’écrire des programmes informatiques qui « apprennent » par eux-mêmes. On a même vu des intelligences artificielles développer un langage bien à eux pour traiter des problèmes. Suite à ce constat, des trois possibilités suivantes, l’une se doit d’être vraie :

1. Toute civilisation technologiquement développée comme la notre va éventuellement s’éteindre avant d’atteindre un niveau technologique assez grand pour créer une simulation de l’humanité dans laquelle les êtres virtuels ont notre niveau d’intelligence et de perception.

2. Du nombre de civilisations capables de créer un tel programme informatique, très peu en écrirait, que ce soit par manque d’intérêt ou par souci d’éthique.

3. Vous vivez fort probablement dans une simulation informatique.

Il n’y a aucun moyen de savoir laquelle des trois s’avère être vraie, mais voici quand même certaines suppositions :

Si la première hypothèse est fausse (ce que nous espérons grandement) on arrive à la deuxième. Que ce soit d’un point de vue scientifique, ou purement récréatif (pensez seulement aux jeux d’ordinateur Sim City, The Sims, Nintendogs, et dans les années 90, les célèbres tamagoshis) il est très peu probable que cette technologie ne soit pas mise en action. L’homme a toujours aimé jouer à Dieu. C’est connu. D’un point de vue éthique, on peut croire qu’un gouvernement interdira la mise en marche de ces mondes. (En effet, jouer à Dieu à ce point peut facilement être considéré dangereux) mais même si cela est interdit, on peut croire qu’il y en aura quand même, une civilisation ne peut pas stopper nette son évolution technologique. Il y aura toujours des pirates informatiques et des gens qui font des choses interdites justement parce qu’elles le sont.

Si tel est le cas, soit qu’un ordinateur peut contenir un univers comme le nôtre, il est possible de croire qu’il y en aura plus d’un. Supposons qu’il n’y en a que dix. Cela nous fait soixante milliards d’individus qui font partie d’une simulation. Même si une civilisation avancée était aussi composée de ce nombre d’individus, cela crée quand même un rapport d’un individu réel pour un individu simulé. Maintenant, imaginons que l’univers simulé est un programme vendu à travers le monde. Les statistiques nous mènent à penser qu’il y a bien plus de chance d’être un simulé qu’un vrai, d’où la troisième hypothèse. On peut même extrapoler en stipulant que la civilisation avancée qui a créé notre univers s’est elle-même posée la question. En réussissant à faire marcher une simulation de notre monde, elle prouve que les hypothèses un et deux sont fausses, ce qui pousse ces êtres à penser qu’ils sont eux-mêmes simulés. Les chances que nous soyons simulés se retrouvent ainsi décuplées (ou centuplées : je ne connais pas le calcul exact).

Si on l’accepte, quelles sont les ramifications de cette idée? Je suis rendu à ce point pour l’instant…

À suivre.

Pour plus d’informations sur la théorie : www.simulation-argument.com (en anglais)

Nos livres sur la rive-sud

26 janvier 2007

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