La méthode simple pour écouter nos livres audio

14 juin 2021

Pour l’instant, nos livres audio sont seulement disponibles à la vente sur le site leslibraires.ca. C’est un peu plus compliqué que sur Amazon, mais au moins les fichiers vous appartiennent pour vrai et l’argent va directement aux entreprises et aux créateurs d’ici.

Le fichier que vous recevrez est un MP3 qui s’écoute comme n’importe quel album de musique. Si vous préférez l’écouter dans une application dédiée au format livre audio, voici la « super simple » marche à suivre.

(On devrait peut-être pas vous dire ça, mais il est aussi possible d’écouter gratuitement nos livres grâce à Prêt numérique, l’efficace application des bibliothèques publiques.) 

Pour écouter sur iPhone
À partir d’un Mac

Avant de débuter, assurez-vous d’avoir:

  • Votre lien de téléchargement obtenu par un courriel de leslibraires.ca 
  • L’application Livres sur votre iPhone et sur votre ordinateur

1. Sur votre ordinateur, téléchargez le livre audio à partir du lien obtenu par courriel.
2. Glissez et déposez les MP3 dans l’application LIVRES.
3. Branchez votre iPhone sur votre ordinateur et, à partir d’une fenêtre Finder, cliquez sur le iPhone dans la colonne de gauche.
4. Cliquez sur l’onglet Livres audio en haut de la fenêtre et choisissez le livre audio à synchroniser.
5. Cliquez sur le bouton synchroniser en bas à droite. Après la synchronisation, le livre audio apparaîtra dans l’application LIVRES de votre iPhone. 
6. Dégustez.

À partir d’un PC

Avant de débuter, assurez-vous d’avoir:

  • Votre lien de téléchargement obtenu par un courriel de leslibraires.ca 
  • L’application Livres sur votre iPhone.
  • L’application iTunes sur votre PC.

1. Sur votre ordinateur, téléchargez le livre audio à partir du lien obtenu par courriel.
2. Glissez et déposez les MP3 dans l’application ITUNES.
3. Pour indiquer à iTunes que les fichiers sont des livres audio, vous devrez, pour chaque piste, cliquer avec le bouton de droite, puis sélectionner « Information sur le morceau ».
4. Dans la fenêtre qui s’ouvre, choisissez l’onglet « Option » puis, dans le menu déroulant « Type de média », sélectionnez « Livre audio ». Répétez cette opération pour chaque piste du livre audio.
5. Cliquez sur iPhone dans iTunes. Dans l’onglet « Livre audio », synchronisez les livres audio de votre choix.
6. Cliquez sur le bouton « Synchroniser » en bas à droite. Après la synchronisation, le livre audio apparaîtra dans l’application LIVRES de votre iPhone. 
7. Appréciez. 

Pour écouter sur un appareil Android

1. À partir de votre ordinateur, téléchargez le livre audio à partir du lien obtenu par courriel.
2. Branchez votre téléphone à votre ordinateur et glissez les fichiers MP3 dans le dossier de votre choix sur le téléphone.
3. Sur votre téléphone, assurez-vous d’avoir une application pour lire les livres audio (Smart Audiobook Player est un bon choix)
4. Dans l’application, sélectionnez le dossier sur votre téléphone où vous avez sauvegardé vos fichiers MP3.
5. Profitez. 

Infolettre #13

4 juin 2021

Dans le but d’informer et de divertir son fidèle lectorat sans faire trop d’efforts, Ta Mère a décidé de sous-traiter son infolettre à ses autrices, auteurs, créateurs et créatrices. Aujourd’hui, on a demandé à Jean-Philippe Baril Guérard de vous parler de son nouveau roman, qui souffre d’un grave manque de visibilité.


La popularité est un étrange animal. Je connais pas un seul artiste qui rêve pas d’atteindre le maximum de gens possible. Inversement, je connais aussi très peu d’artistes qui n’ont jamais été coupables au moins une fois de mépriser une œuvre simplement parce qu’elle est trop mainstream. Moi le premier : j’ai été ce hipster à l’avant-garde, au début des années 2010, qui sillonnait le Mile-End sur son fixie, avec une camisole toujours un peu humectée de sueur, un anneau dans le septum, une barbe touffue, des Pabst plein son sac messager et une connaissance extrêmement pointue de tous les bands indie rock émergents. Je portais mon savoir de ce qui passe sous le radar des médias mainstream comme un badge d’honneur.

Normal : tout le monde aime l’underdog. On aime être le curateur qui découvre l’illustrateur génial qui n’a que 200 followers sur Instagram. On veut faire partie des 12 spectateurs d’une performance pop-up de l’artiste berlinois qui est de passage pour deux soirs au Centre Phi. On veut être des Élus qui ont réussi à acheter un 4-pack de la toute nouvelle IPA camerise-arachide de Messorem Bracitorium qui sera mise en vente mardi à 18h et qui sera sold out mardi à 18h03.

Le Jean-Philippe du début des années 2010 aurait sûrement contourné l’étalage de Haute démolition à l’entrée de la librairie pour aller chercher un essai de Eileen Myles dans un sombre recoin. Malheureusement, on a perdu la trace de ce Jean-Philippe quelque part pendant la dernière décennie. On le soupçonne d’être encore embarré dans les toilettes de la Casa del Popolo, et c’est peut-être mieux comme ça, parce qu’il serait très déchiré entre la joie et le mépris en ce moment.

En 2021, il nous reste le gars qui est somme toute pas mal content que son livre soit le Ice Bucket Challenge de ce cycle médiatique.

Je trouve ça cool, tout de même, qu’un livre puisse devenir un objet viral aussi instagrammable qu’une bouteille de Meinklang orange ou qu’une tente plantée en Gaspésie pendant les vacances d’été. Ça flatte mon ego, oui, mais ça signifie qu’un livre a encore le pouvoir de fédérer beaucoup, beaucoup de monde en même temps, et de susciter des discussions. (Si les gens le lisent. Peut-être que les gens l’achètent juste pour faire une story, aussi, comme les influenceurs qui paient pour monter dans un jet privé sans voler, juste pour flasher. J’admire leur pragmatisme.)

Faque ouais. Boudez pas votre plaisir, soyez enthousiastes, viralisez le livre, peu importe ce que vous lisez. Même si les auteurs en question l’admettront pas, ça leur fera plaisir.

Et si vous avez déjà lu mon livre et que vous avez raté votre occasion de contribuer à la viralité de l’objet, mais que vous avez tout de même apprécié votre lecture, je voulais vous suggérer quelques œuvres qui ont résonné chez moi et qui font écho aux thèmes ou à l’univers de Haute démolition :

  • Le film Marriage Story, de Noah Baumbach, qui explore les complications inhérentes à une relation entre deux artistes qui collaborent de près.
  • Le Netflix Special Inside, de Bo Burnham, qui aborde notamment la question de la santé mentale chez les humoristes.
  • I’m Dying Up Here, une série créée par David Flebotte sur le milieu de l’humour de Los Angeles dans les années 70 et qui aborde l’amitié et la rivalité d’humoristes émergents.
  • Les spectacles de Virginie Fortin, Richardson Zéphir, Rosalie Vaillancourt, Arnaud Soly, et sûrement une couple d’autres que j’oublie. Et suivez Suzie Bouchard et essayez de l’attraper dans une soirée d’humour. Elle a script-édité les blagues dans le livre et c’est la fille qui me fait le plus rire au monde

Aussi, est-ce que quelqu’un a des nouvelles de ce qui est arrivé à Joseph Kony? J’ai entendu dire qu’il avait beaucoup trendé sur les réseaux en 2012 et que ça avait bousculé l’ordre du monde. Sur ce, je vous laisse, je vais aller réécouter mon entrevue à Tout le monde en parle en me touchant pour une 22e fois. 

Infolettre #12

20 mai 2021

Dans le but d’informer et de divertir son fidèle lectorat sans faire trop d’efforts, Ta Mère a décidé de sous-traiter son infolettre à ses autrices, auteurs, créateurs et créatrices. Aujourd’hui, on pensait faire plaisir à Maude Jarry en lui offrant cette tribune, mais comme toujours, elle a décidé de se la jouer FULL ADO EMO…

Les amis chez Ta Mère (joke, ce sont trop pas mes amis) m’ont demandé de vous écrire cette infolettre afin de mousser les ventes de mon livre et de vous rappeler que cette vieille affaire publiée en 2019 va bientôt passer au pilon si vous vous grouillez pas à l’acheter. Il se trouve que je ne possède aucun garage où empiler mes échecs dans des boîtes en carton molles qui vont pogner l’humidité. J’allais gentiment refuser cette occasion en or de m’autopromouvoir avec le talent d’une vendeuse de char lorsqu’on m’a prise par les sentiments et spécifié que je serais payée pour le faire. Ayant des problèmes notoires avec l’autorité, j’ai décidé de dresser la liste des meilleures raisons pour lesquelles vous ne devriez PAS acheter Si j’étais un motel et plutôt économiser ce montant pour quelque chose d’important, comme des sacs de chips Miss Vickie’s aux cornichons à l’aneth épicés.

  1. Le titre est tellement long que, moi-même, je me donne plus la peine de l’écrire en entier.
  2. Le livre au complet parle d’un break-up. Sérieusement la pire lecture de plage pour tes vacances pandémiques à Oka.
  3. Ce livre a été finaliste d’absolument aucun prix littéraire.
  4. Avant les bons soins et l’intervention de Maxime, mon directeur littéraire, le texte contenait entre autres le mot fiel et beaucoup trop de fois le mot âme.
  5. Même mon ex a jamais fini de le lire.
  6. Aucune critique désobligeante n’en a été faite par un bully condescendant dans une revue littéraire québécoise.
  7. Les (deux) critiques sur quialu.ca sont unanimes : ce livre est « trash » et même « sale » (on salue Samuel et Richard xox).
  8. Tu peux le voler gratuitement dans une grande chaîne ou une librairie indépendante qui n’a pas à cœur les droits de ses travailleurs.
  9. On y retrouve 11 fois le mot chat.
  10. Si tu n’aimes pas les chats, je t’annonce que tu es fort probablement un psychopathe.
  11. Personne ne lui a octroyé 1 étoile sur Goodreads alors qu’on sait tous qu’il s’agit de la consécration ultime pour toute œuvre qui se respecte.
  12. 15$ pour un livre qui se lit en une demi-heure? La poésie, c’est indéniablement l’un des pires investissements quantité-prix que tu auras fait dans ta vie.
  13. Après plusieurs séances de thérapie, je peux désormais affirmer avec assurance aux 18 étudiants en lettres qui écoutent encore Plus on est de fous, plus on lit que ce livre existe même si Marie-Louise en a jamais parlé.
  14. Mes parents ont aimé ça.

Infolettre #11

6 mai 2021

Dans le but d’informer et de divertir son fidèle lectorat sans faire trop d’efforts, Ta Mère a décidé de sous-traiter son infolettre à ses autrices, auteurs, créateurs et créatrices. Aujourd’hui, Carolanne Foucher nous démontre que savoir-faire langagier et dépendance aux iPhone peuvent parfois faire bon ménage…

Salut les rhums-pommes,

Ben contente D’ENFIN pouvoir rencontrer mon lectorat grâce à cette infolettre. Imaginez-vous donc que Deux et demie (mon premier livre en passant) (aussi – pour l’instant – mon dernier, mais bon, peut-être que ce sera pas le dernier, bref, qui vivra verra) est sorti le 17 mars 2020. Vous rappelez-vous du 17 mars 2020? Probablement que vous stackiez du Purell à 8,99$ pour 100 ml en pensant que l’air de l’extérieur c’était Lucifer. M’a vous dire, c’était pas le lancement le plus excitant. En même temps c’est le seul que j’ai vécu donc c’est aussi le plus excitant. Un genre de lancement de Schrödinger : excitant pis pas à la fois.

BREF : ben contente de rencontrer mon lectorat parce que, au final, j’ai tellement vu personne dans la dernière année que j’ai pas pu prouver hors de tout doute que quelqu’un avait bel et bien lu mon livre (mon premier livre en passant) (aussi – pour l’instant – mon dernier, mais bon, peut-être que ce sera pas le dernier, bref, qui vivra verra). Fait que idéalement, si vous l’avez lu, merci de vous manifester.

Au début de la pandémie, j’ai essayé d’écrire des affaires, mais finalement plus les mois ont passé et plus j’ai manqué de vocabulaire. J’en suis venue à vouloir faire de la traduction, me disant « peut-être que traduire quelqu’un je suis capable », finalement ça non plus j’étais pas capable. La seule traduction que j’étais capable de faire c’était celle de mon propre livre (mon premier livre en passant) (aussi – pour l’instant – mon dernier, mais bon, peut-être que ce sera pas le dernier, bref, qui vivra verra) sauf qu’aussi (j’avais oublié de le dire) je parle pas vraiment anglais. La seule autre langue que je connais c’est celle des nouvelles technologies alors j’ai fini par traduire mon recueil en émojis. Je voulais faire un zine qui accompagnerait le livre, qui pourrait être un cadeau aux 100 premiers acheteurs (lol je sais… sérieux je me pensais plus big que j’étais, big comme Kim Thúy, genre je sais pas ce qui m’a pris, j’étais un peu delusional au début de la pandé (imaginez si on disait « pandé » au lieu de « pandémie », ben relax)). Bref, vous comprendrez que ce projet, bien que je l’aime beaucoup, ben il intéresse personne.

SAUF PEUT-ÊTRE VOUS?

Alors voici, en exclu-pandé (!), pour vous, les gens qui lisent l’infolettre de Ta Mère, la traduction du premier poème de mon recueil en émojis.

Infolettre #10

20 avril 2021

Dans le but d’informer et de divertir son fidèle lectorat sans faire trop d’efforts, Ta Mère a décidé de sous-traiter son infolettre à ses auteurs et créateurs. Aujourd’hui, c’est au tour de Jason Savard, cerveau derrière le livre Vrai parler : conversation avec le rap québécois.

Hey salut!

Mon éditeur m’a proposé de t’écrire pis ça tombe vraiment bien parce que, récemment, y a quelque chose de ben beau qui s’est passé à la télé concernant une culture qui me tient pas mal à cœur. Ça m’a donné le goût d’en profiter pour me faire un peu de pub. Qu’est-ce que tu veux, j’ai un bébé à nourrir. Je te promets que ça va être ben subtil, tu t’en rendras même pas compte.

Ça fait que là, comme pas mal de monde, t’as regardé La fin des faibles à Télé-Québec pis t’as découvert que le rap c’est pas juste des affaires incompréhensibles avec des pitounes qui se brassent les fesses.

Pis là, tu te surprends à penser des choses comme : « y’ont don’ ben l’air fins pis intéressants, les juges », « j’aimerais ça mieux comprendre le rap », « je me demande comment ça marche pour ces artistes-là ».

Pis tu te dis après que t’aimerais ça avoir de quoi comme, je sais pas, moi, un genre de livre où t’as plein de gens impliqués dans la scène d’ici qui expliquent comment ils fonctionnent, qui réfléchissent à leur parcours, qui racontent comment ils s’impliquent dans leur communauté, avec des paroles franches, pas des longues phrases alambiquées avec des mots comme « alambiqué », t’sais du vrai monde qui dit des vraies affaires, pas de filtre, comme ça vient.

Ben là.

C’est parce qu’il existe cet ouvrage-là : c’est un livre électronique qui s’appelle Vrai parler : conversations avec le rap québécois. Tu mets ça sur ton iPad pis tu vis des émotions.

Ben quin!

Pis y en a pas rien que deux trois intervenants, dans ce livre-là. Y en a quarante-cinq.

Quarante-cinq!

Pis pas n’importe qui, à part de ça. De La fin des faibles, y a tes trois juges préférés, une coup’ de participants qu’on a tous ben aimés, y a un juge de la ronde éliminatoire, y a quasiment tous les artistes qui ont donné des performances. Le beau Pierre-Yves Lord est pas là, par exemple. Y a rien de parfait.

Pis y a pas juste du monde de ton programme, là-dedans, y a d’autres rappeurs et rappeuses, y a des journalistes, des DJ, des gérants, des producteurs, des animateurs de radio… Écoute, on couchera pas ici, mais y en a, du beau monde!

Faque t’attends quoi, là? Me semble que ça serait l’fun de dépasser une fois pour toutes les opinions de boomer qui disent que le rap, c’est pas de la vraie musique. T’sais, on en a assez, des malaises. C’est fini ce temps-là.

Va à la source, laisse les vrais te parler.

-Jason

Infolettre #9

6 avril 2021

Dans le but de permettre à son lectorat de rêver à des jours meilleurs, Ta Mère a confiée à sa nouvelle amie, Rébecca Déraspe, la mission d’imaginer le lancement que son livre aurait eu si on était en temps de non-pandémie…

À vous, lecteurs des Éditions de Ta Mère, vous les juste un peu plus cool que les autres, salut.

Dans un monde où les lancements existent encore mais en version « j’ai fait faire mes ongles », j’achète une robe pis je suis trop fébrile pour dîner. À 13h, je me prépare. De partout. Même de l’épilation. À 13h34, j’attends. À 13h56, j’attends. À 16h32, je refais mon maquillage de bouche. À 16h43, je suis dans un taxi en direction de la Taverne du Pélican. À 17h03, j’arrive avec des talons trop hauts pour mes capacités de « personne à (gros) oignons aux pieds ». Vite, le bar. Un verre de vin rouge. Au loin, j’aperçois Jean-Philippe Baril Guérard, à qui j’envoie la main l’air de dire « heille on connaît ça, toi pis moi, le théâtre, hein! » On me présente Stéphane Girard et Alexandre Castonguay. À nous quatre, on est colocataires du même lancement pis je suis impressionnée de rencontrer des gens qui font la même chose que moi (c’est-à-dire rester en bobettes toute la journée à souffrir sur leur divan). Un verre de vin rouge. Mon estomac vide supporte mal les 13 % d’alcool qui viennent avec le raisin. Pas grave. On lance pas des livres quarante mille fois dans sa vie. Je croise des connaissances à qui je raconte que « ah ah oui moi aussi pis toi sinon le printemps quand même wow merci merci oui il est magnifique ». Mes pieds hurlent « va chier » à ma décision de mettre des talons. Un verre de vin. La FORMIDABLE ÉQUIPE (à ce moment-là de la soirée je commence à crier pour rien) des Éditions de Ta Mère est là. Je fais des câlins beaucoup trop longs à Maxime, à Maude, à Rachel, à Marie-Claude, à Benoit pis je – un verre de vin – attends, attends, Benoit Tardif ? Le gars des illustrations ? Là, je sors des termes que je connais pas avec une voix suraiguë « en tout cas wow ta symétrie radiale pis tes règles de tiers de la de le les affaires graphiques wow quel talent j’adore j’adore ! »

Là, je me parle.  Au coin, jeune fille. Doux. Doux.

Aux toilettes, j’essaie de faire disparaître le vin rouge qui a taché mes dents. J’accroche mon rouge à lèvres, j’en étale sans vraiment m’en rendre compte. Je suis trop occupée à contempler le livre que j’ai entre les mains. Je l’aime. L’amour.

Un verre d’eau.

Une vieille connaissance m’approche. À son contact, quelque chose se tend. Mémoire olfactive. Le moment que je m’apprête à passer va être désagréable. Son odeur me rappelle quelque chose qui se termine par un doigt d’honneur bien tendu au fond de la poche de mon pantalon.

« Pourquoi avoir choisi un titre moitié français, moitié anglais ? C’est pas un choix très respectueux de la langue française. J’imagine que c’est un effet de mode. »

Un verre de vin.

J’aurais dû dîner. Je me lance dans une explication trop émotive, je m’emporte, je décide d’enlever mes souliers, je les balance au visage de mon interlocutrice, je les remets. En tout cas pis bref.

On tape sur mon épaule. Je me retourne trop vite. Ma tête tourne. On veut une dédicace. Je veux un verre de vin. Je m’assois pour écrire des choses comme « bonne lecture » mais je me rappelle plus comment écrire. Genre vraiment. Les mots ? Je sais pas comment faire ça, moi.

Un verre d’eau vin.

Marie-Claude me demande si je suis correcte. Je me mets à pleurer. Je me rends compte que c’est pas à soir que je vais frencher. POURQUOI MOI JE TROUVE JAMAIS L’AMOUR MAQUILLAGE QUI COULE JEAN-PHILIPPE BARIL GUÉRARD QUI FAIT DES BLAGUES ROUGE À LÈVRES ÉTALÉ JE TITUBE JE TOMBE DANS LES PILES DE LIVRES J’AI MAL À L’ÂME WHY ME

Marie-Claude me met dans un taxi.

Le lendemain, je me réveille dans ma robe. Habillée dans la honte. Couchée en cuillère avec mon livre. Je l’aime. L’amour. Fin du cauchemar.

Ouf. Pour une fois que les règles sanitaires me rendent service. Ça va se passer exactement comme ça, mais personne va le savoir. (Ben non.)

La seule chose qui est vraie dans ce récit fictif, c’est que l’équipe des Éditions de Ta Mère est FORMIDABLE. Pis aussi que je suis fébrile. Pis aussi que j’ai hâte que ce petit livre, mon COMBATTRE LE WHY-WHY, mette sa robe de soirée pour se faire frencher par vos yeux.

Infolettre #8

18 mars 2021

Dans le but d’informer et de divertir son fidèle lectorat, Ta Mère avait eu la fausse bonne idée de demander à Alexandre Fontaine Rousseau de prendre le contrôle de son infolettre. Malheureusement, telle une belle au bois dormant de Villeray, Alexandre s’est étrangement assoupi en se piquant le doigt sur l’aiguille de sa table tournante. En attendant de trouver comment le réveiller, on a confié l’infolettre à d’autres auteurs de la maison.
 
Aujourd’hui, c’est au tour d’Alexandre Castonguay, auteur de
J’attends l’autobus.


Salut, les lecteurs des Éditions de Ta Mère. Je m’appelle Alexandre Castonguay. C’est moi qui a écrit le livre J’attends l’autobus. Peut-être que vous allez le lire. Peut-être que non. Pour faire pencher la balance sur mon bord, une personne bienveillante responsable des communications m’a suggéré d’écrire un texte pour une infolettre. Elle m’a même donné un lien sur lequel cliquer pour que je m’inspire de ce qui a été écrit antérieurement. Parce que lorsqu’il est question de médias sociaux, « je ne suis pas le pogo le plus dégelé de la boîte », et elle en avait été avertie. Donc, me voilà devant mon clavier, dans l’inconfortable monde du marketing numérique, ne sachant trop par où commencer, et ce, parce que j’ai surtout très peur de me spoiler moi-même : c’est que je parle de moi à chaque page ou presque, dans le livre, alors faut que je fasse très gaffe. Seulement, il y a une caractéristique très importante de moi, un tabou pourrait-on dire, dont je ne fais jamais mention. Donc, afin de me vendre un peu sans vendre le punch du livre, je vais franchir une grosse étape dans ma vie en brisant le silence entourant ma craque de dents.

Oui, entre mes incisives, il y a un gros espace. Je vais garder pour moi le nombre de vingt-cinq cennes qui passent dedans; pudeur oblige. Il est si large, cet espace, qu’on peut parler de superficie; que même Vanessa Paradis et son espace dentaire à elle passent aisément dedans. J’ai parfois l’impression que ma craque est autonome. Qu’elle fait sa vie de craque dans un monde craqué. Je l’admire secrètement, ma belle grosse craque. Lui prête mille petites attentions, la brosse souvent afin qu’elle brille, pour, comme on dit, mettre les chances sur son bord. Ne lui dites pas, mais j’ai l’impression parfois que c’est elle, le cerveau, qu’elle me dirige, que mes actions, mes paroles et mes pensées sont déterminées par elle; une directrice artistique, comme. C’est un trou béant, tellement que les 130 pages de J’attends l’autobus ont, elles aussi, passé dedans.

Salut, les lecteurs des Éditions de Ta Mère. Je m’appelle Alexandre Castonguay. C’est moi qui a écrit le livre J’attends l’autobus. Peut-être que vous allez le lire. Peut-être que non.

Mais aujourd’hui, une chose est sûre, grâce aux Éditions de Ta Mère, j’affiche mon plus beau sourire.

Terres et forêts, la trame sonore presque officielle

16 novembre 2020

🎧 ALERTE MIXTAPE! 🎼
Notre ami Alexandre Fontaine Rousseau a compilé douze chansons pour accompagner la lecture du recueil TERRES ET FORÊTS de Andrew Forbes. On voudrait pouvoir vous dire que chaque chanson fait très précisément référence à une nouvelle spécifique, mais le fait est que cette liste est plutôt inspirée par l’ambiance générale du livre. Mais gâtez-vous pis virez fous si vous voulez essayer de tracer des liens entre chaque pièce et chaque nouvelle. C’est clairement pas nous qui allons vous en empêcher!